Un casino sur le campus!

D'abord, l'épicerie
Comme vous le savez touTEs maintenant, l'administration universitaire semble brûler d'envie d'implanter un supermarché sur le campus. Malheureusement pour la communauté étudiante, celle qui est supposée composer la base de l'établissement, il n'y a que l'AELIÉS qui a osé s'indigner face à cette situation. CertainEs militantEs, certainement trop occupéEs à s'organiser un voyage à Ottawa et la CADEUL pour la même raison, n'ont pas jugé bon de s'indigner publiquement sur la question. Pis encore, quelques autres militantEs (le restant), certainement trop occupéEs par le monde extérieur, n'ont fait que regarder le train passer en ne s'indignant plus de voir l'administration trouver un nouveau moyen de remplir les coffres de l'université.
Tout d'abord, Fournier, un des responsables des communications de l'administration, laisse entendre que l'implantation du supermarché sur le campus pourra mettre en contact les étudiantEs avec cette réalité... Il doit bien avoir des dizaines d'étudiantEs, par nécessité certainement, qui travaillent quelques heures dans les supermarchés/épiceries de la région, entre autres pour payer le salaire de Fournier. Peut-être doit-on conclure que l'administration aurait un profond besoin de se reconnecter avec ses ouailles étudiantes afin de se rendre compte de ce qu'est la réalité de la base de la communauté de Laval. Les frais d'admission, souvent camouflés sous un nombre impressionnant de noms différents, ne cessent d'augmenter, à un point tel que la situation a déjà valu une réprobation de la part des parlementaires. Monsieur Fournier, commencez par connecter l'administration à la réalité des étudiantEs avant de leur dire quelle est cette dite réalité s'il vous plaît.
Ensuite, on tente de mettre le masque de laboratoire de recherche à l'épicerie afin de justifier sa présence sur le campus. Ok, mais quel genre de recherches y seront faites? Outre la compilation de données afin d'analyser les habitudes alimentaires et l'amélioration des méthodes de gestion, il n'y a pas grand chose à analyser dans les épiceries. Vaut-il réellement la peine de sacrifier des espaces verts, qui peuvent pertinemment être tout aussi étudiés, pour y mettre un supermarché de plus? Doit-on transformer encore plus le campus universitaire en centre d'achat?
Finalement, l'implantation de ce supermarché n'apportera jamais rien de bon au sujet de la crédibilité de l'université. Qui voudrait bien d'un diplôme cosigné Sobeys comme étudiantE ou comme employeur? UnE diploméE qui sortirait d'un programme Sobeys, ou quelque soit l'autre partenaire privé, sera-t-il/elle plus au fait de la réalité du terrain ou bien sera-elle/il plus en lien direct avec la réalité de la compagnie? La réponse est claire et elle ne laisse rien présager de bon. Il ne fait aucun doute que, lorsque le lien entre une compagnie privée et un diplôme est trop évident, la crédibilité du papier tombe à zéro. Pis encore, les effets néfastes ne seront pas uniquement ressentis par les étudiantEs récipiendaires du papier, mais aussi par toute la communauté universitaire. Une chose est certaine, ce partenariat n'apportera rien de positif.

Une tempête dans un verre d'eau?
Pour les gens qui croient qu'il s'agit d'une tempête dans un verre d'eau, vous avez peut-être raison. La logique dans laquelle est en train de s'inscrire l'éducation, surtout le niveau post-secondaire, est clairement celle qui appelle à un arrimage de l'éducation à la loi du marché. On le voit déjà avec la présence sur le campus de la compagnie Sodexho et celle de Laliberté, situation qui a été désirée par l'administration au détriment des initiatives étudiantes, soit dit en passant. Mais bon, il n'y a rien là, c'est ainsi que fonctionne le monde contemporain et ce n'est pas ici que l'on pourra y faire quoi que ce soit.
Et bien, oui, justement. Qui de mieux placé que la communauté étudiante universitaire pour changer les choses dans les universités? Certainement pas les administrations qui sont de plus en plus assiégées par les pressions capitalistes de toutes sortes. Voyons ce qui s'est fait à l'UNAM, là où l'éducation est encore pratiquement gratuite et où il y a encore un pavillon entier occupé. Plus près, à l'université Concordia, les étudiantEs sous la bannière de People's Potatoe, on lutté jusqu'à l'obtention de l'accès des cuisines de l'université afin d'y abriter le groupe food not bombs. Alors, à celles/ceux qui se cachent sous leur soit-disant impuissance à changer la situation, il faut s'enlever les oeillères et réaliser que les étudiantEs sont les premierEs acteurs/trices dans les changements des institutions qu'elles/ils fréquentent.
Bref, pourquoi titrer « Un casino sur le campus! »? Simple. Si jamais l'administration arrive à implanter son idée de projet de coopération avec Sobeys, qu'est-ce qui, légitimement, viendrait empêcher Loto Québec d'offrir de l'argent afin qu'il y ait un casino sur le campus. Absolument rien. En plus, l'argument est tout fait: il faut remettre les étudiantEs en contact avec cette réalité. Mieux encore, il serait bien d'avoir une prison, un hippodrome, des montagnes russes, des stands de tir, un aquaparc, un nouveau colisée pour les Nordiques, une piste de bobsleigh, etc. Il serait bien que la CADEUL vienne proposer ces projets qui pourraient être de magnifiques partenariats afin d'étudier toutes sortes de réalités. Mieux encore, on pourrait même faire tous ces partenariats avec des coopératives! En espérant que ce texte éveille quelques esprits...